Interview d'Olivier Garnier, auteur du
Derrière des okapis , un roman mêlant divers thèmes proches des thèmes environnementaux.L'histoire
commence quand les habitants d'un tout nouveau lotissement se retrouvent
obligés de vivre sans eau ni électricité dans la jungle profonde pendant
trois années et se retrouvent voisins d'une communauté de hippies frappadingues.
C'est le début d'un hallucinant récit dont les héros sont une ribambelle
de personnages hauts en couleur.
D’abord quelques mots sur votre roman,
le derrière des okapis.
Le derrière des okapis mêle plusieurs genres dans une longue histoire
qui est divisible en trois parties et deux épilogues ! Le genre aventure
démarre le livre puis on passe à une atmosphère de comédie lorsqu'on découvre
les nombreux personnages de la communauté vivant dans la jungle (professeurs
écologistes contre des partisans des OGM et surtout des emplois de pesticides,
de dénaturants). Il y aussi de longs passages décrivant la faune et la flore
d'un point de vue de zoologue ou de botaniste. J'ai pioché dans les livres
de Nicole Viloteau qui est une célèbre herpatlogue. Jules Vernes mélait
aussi des scènes d'aventure avec des passages plus pédagogues je crois en
direction de son jeune public. Mais l''aventure demeure tout de même, la
matière première de ce livre.
Comme abordez-vous dans ce roman les questions
d’environnement et d’écologie ?
Le cadre de l'histoire est la jungle pendant quasiment tout le récit.
L'idée première de ce livre était de décrire certains de nos contemporains,
plus que des doubles des caricatures de nous-mêmes obligés de vivre dans
des conditions de vie extrême et de voir ce que cela donne. Certains vont
aller vers la culture d'autres vers la chasse. Jusque là tout est assez
logique. Les choses se compliquent lorsqu'au sein du groupe des cultivateurs
se présente une décision à prendre dans le choix de la protection des cultures
face aux ravageurs. Un groupe écologiste refuse les OGM et toute intervention
de pesticides, l'autre plus réaliste un brin industriel veut qu'on arrose
d'une bouillie bordelaise (un cocktail détonnant de pesticides) les champs
de mais et de blé. Voilà un point de départ pour développer une réflexion
sur l'un des principaux sujets sensibles de l'agriculture.
Votre roman aborde donc la question des pesticides/agriculture bio, qu’en
dit-il ?
D'un coté les épandages à base de bouillie bordelaise (bien connue et
utilisée par certains agriculteurs) de l'autre l'utilisation d'entomophages,
d'auxiliaires pour lutter contre les ravageurs. J'ai développé surtout la
deuxième solution agricole parcequ'elle existe déjà, et elle est incroyable
d'efficacité ( l'un des personnages cite les invasions de crickets arrêtées
grâce à des introductions de blattes, de coccinelles, de mantes religieuses
ou de mille pattes).Je me moque par contre de certaines recettes de grand
mère et de manies d'écologistes à refuser toute utilisation réduite de pesticides
même lorsqu'il n'y a pas d'autres solutions . Le début du roman raconte
une incroyable chasse aux auxiliaires dans la jungle et toute l'opération
pour se débarrasser d'un mystérieux ravageur d'abord confondu à le pyrale
du maïs.
Vous parlez d’intelligence des animaux, de végétariens, de chasse vous
pouvez nous en dire plus ?
J'ai été moi même chasseur. En fait mon père l'a été et adolescent je
l'ai accompagné pour plein de raisons. J'ai adoré marcher en plein air,
tuer des lapins ou des faisans puis j'ai vu des choses laides et je m'en
suis souvenu pour régler quelques comptes avec certains chasseurs. J'aborde
l'idée de rapport de force déséquilibrée entre gibier et chasseur et quoique
puissent en dire ces derniers. Je l'ai donc inversé grâce à une astuce de
narrateur . Pour la cause végétarienne, j'avoue que je l'ai utilisée plus
par souci de fiction que par une volonté partisane. Enfin sur l'intelligence
des animaux, l'idée m'est venue avec Texter mais je sais qu'il y a eu par
le passé des preuves que des animaux ont été capables de prouesses intellectuelles
extraordinaires. Je crois que certains chimpanzés peuvent comprendre plus
de 300 mots du langage humain.
Pour vous quelle est la place de la littérature
dans la prise de conscience écologiste ?
Je ne sais pas cela doit être naturel et surtout pas une attitude forcée
pour un auteur de parler d'écologie.
Votre roman s’inscrit-il dans une continuité ?
Doit-on s’attendre à une suite, ou une évolution ?
Ce roman a été très long à écrire plus de quatre ans et m'a épuisé. Je crois
par contre que des sujets comme le consumérisme et la volonté mercantile,
un brin lié à l'écologie m'intéressent.
J'ai écrit une pièce de théâtre « hip! Hip ! Hip ! Hypnose garantie!
» ou les méfaits de l'hypnose mercantile ! Elle est lisible sur mon
site.
Avez-vous des maîtres dans votre art littéraire,
écologistes, écrivains, philosophes ?
Énormément. Je vais en citer quelques uns, plus pour donner une chance à
vos lecteurs de les connaître que pour me montrer pédant ! TC Boyle, Joseph
O Connors, Jean Eschenoz, Olivier Rolin, Michel Le Bris, Stevenson, Jack
London,Kipling, Dickens, Vernes.
Vous avez un blog sur votre livre, quel
est son rôle ?
Je n'ai pas encore de blog mais seulement un site bourré de rubriques.
Tapez sur Google le Derrière des Okapis. C'est d'abord une sources d'informations
complémentaires entrevues dans le roman. Des sujets comme le dôme géodésique,
le végétarisme, Bernadette Soubirous ou le sérial Killer Charles Manson.
Des histoires magnifiques comme le Yéti, la disparition de Rockfeller en
Papouasie.
Je tiens à préciser que toutes ces rubriques sont empruntées à Wikipédia
excepté le petit texte débutant chacune de ces rubriques. Vous apprendrez
plus de choses sur le Derrière des Okapis et sur d'autres sujets passionnants.
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| Rédacteur de l'article | Date de mise en ligne | Thème de l'article |
|---|
| Martin DURIGNEUX | 16/09/2009 |
Interview |